La lumière prophétique face aux ténèbres

En octobre, les évêques d'Amazonie se retrouveront en synode autour du Pape

François à Rome. Un immense travail de consultation des communautés de ce

"continent aquatique" a été réalisé et les réponses ont été synthétisées dans un

document qui n'est disponible qu'en espagnol et en italien.

C'est dommage car l'Amazonie peut être considérée comme le symbole de

l'interconnexion des défis que l'Eglise d'aujourd'hui a à affronter. C'est aussi un

marqueur qui révèle la progression de la menace que font peser la culture de

mort et les puissances financières criminelles, sur la vie de notre planète. Nulle

part comme en ce territoire, un processus d'auto destruction n'est aussi fortement à l'œuvre.

Les médias occidentaux mettent l'accent sur la déforestation et la disparition de la biodiversité

mais l'urbanisation forcée, l'émigration imposée, la criminalité liée à la culture des drogues, au

narco trafic, la fragilisation du modèle familial et communautaire, le mépris par les nouveaux

colonisateurs de la vie des autochtones, et d'autres réalités s'unissent en une synergie destructive.

Face à cette menace, l'Eglise est rappelée à sa vocation prophétique. En un sens,

c'est d'elle que dépend l'avenir de ce territoire. Si elle se convertit à l'écologie

intégrale, si elle relève le défi de l'inculturation, si elle met en œuvre la

synodalité et s'organise pour promouvoir la solidarité, la valorisation de la place

de la femme, l'éducation et l'élan missionnaire au sein des villes, alors une

espérance nouvelle pourra éclairer non seulement le continent américain mais

toutes les régions du globe. Car seule la lumière de l'évangile est en mesure de

chasser les ténèbres.

Oubliant que l'Eglise latine ordonne déjà des hommes mariés, les médias

occidentaux ne retiendront de l'immense travail de discernement que la manière

dont se positionneront les Pères synodaux sur cette question. Nos frères et sœurs

en Amazonie affrontent aujourd'hui les défis que nous et nos enfants auront à

relever demain.

Et si nous les portions davantage dans notre prière ?