La sagesse des balais

Des touristes visitaient un sanctuaire marial. C'était dans un pays de montagne, la veille de Noël. Passant la porte, les uns et les autres s'étonnaient de voir, dans le sas d'entrée, des balais de paille accrochés au mur par des ficelles. Certains avaient un manche assez long, les autres étaient comme des balayettes.

La discussion s'engagea entre : quelle pouvait donc être la signification de la présence de ces objets ? Pour les imaginations les plus vives, il devait s'agir d'un rite païen visant à éloigner les sorcières dont chacun sait qu'elles se déplacent en balais volants. D'autres pensaient plutôt à une coutume locale liée à l'artisanat.

Tous étaient unanimes : cela devait certainement être absurde et rétrograde.

Personne n'avait remarqué qu'au sol il y avait des grilles et sous les grilles un vide.

Quelques heures plus tard, la nuit était bien avancée et la neige s'était mise à tomber en flocons épais lorsque les paroissiens commencèrent à arriver pour célébrer Noël. Une fois la porte passée ils se saisissaient d'un balai pour ôter la neige de leurs manteaux et brossaient

énergiquement leurs bottes au-dessus des grilles à

l'aide du balai à long manche afin de les débarrasser de la neige et d'éviter de la répandre à l'intérieur. Ces modestes objets permettaient de vivre les célébrations au sec.

Les hommes et les femmes de notre temps ressemblent souvent à ces touristes lorsqu'ils découvrent les pratiques religieuses et les symboles des croyants. Ils sont pourtant très concrets et liés à la création mais pour celles et ceux qui ne sont pas familiers de la vie de la communauté, ils paraissent étranges et ésotériques. Que reste-t-il de l'héritage culturel et religieux chrétien lorsque la pratique disparaît ?

Un peu de superstition païenne et une immense ignorance !

Dieu fait homme ne s'est pas dispensé de la circoncision et de l'observance de la Loi donnée par Moïse. Il a rythmé sa vie par les pèlerinages au Temple et a célébré le shabbat.

Et si en 2019 nous redécouvrions que pratiquer c'est aussi aimer ?