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L’église de Liffré, un monument historique?

 

Quand on entre dans l’église de Liffré, on est immédiatement saisi par l’originalité de celle-ci. Tout d’abord c’est la fresque représentant Jésus en gloire, entouré de Marie et de l’Archange saint Michel, qui nous surprend.

 

C’est que l’architecte, Arthur Regnault a voulu, dans cet édifice, unir la tradition orientale avec la tradition latine, anticipant en quelque sorte saint Jean-Paul II qui souhaitait que l’Église respire avec ses deux poumons, celui de la liturgie orientale et celui de la liturgie latine.

 

En Orient, c’est la figure du Christ en majesté qui doit attirer notre regard lorsque l’on pénètre dans le sanctuaire; d’où la présence de la fresque. Dans le monde latin, c’est l’autel - symbole du Christ Agneau de Dieu,

prêtre et autel - vers lequel notre attention doit être portée. Le baldaquin qui masque un peu la fresque mais entoure le Maître Autel a justement la fonction d’attirer notre attention vers ce point focal. C’est sur l’autel que se réalise le miracle inouï: le Christ mort et ressuscité pour nous se rend présent sous les apparences du pain et du vin. Mais toute la liturgie est présidée par le Christ ressuscité présent là ou deux ou trois disciples se réunissent en son nom. C’est le rôle de la fresque de nous le rappeler. Le plan de l’église est aussi un composé de structure “orthogonale” (orientale) surplombée de la haute coupole avec une croix latine qui nécessite une nef et nous tourne vers l’Église du ciel venant à notre rencontre.

 

Dans une expression peut-être un peu naïve, Arthur Regnault nous invite à élargir notre cœur en nous ouvrant aux différentes traditions qui composent la magnifique palette des couleurs de la prière de l’Église et à puiser à la source car l’Église n’est pas née à Rome mais en Israël. N’est-ce pas d’actualité?